Renforcer le dialogue entre les entreprises et les investisseurs au sujet de l’information extra-financière est primordial, d’autant plus aujourd’hui avec la réglementation européenne qui s’est emparée de la problématique de la donnée (la révision de la Directive 2014 / 95 / UE sur le reporting extra-financier dit “NFRD” pour “Non-Financial Reporting Directive”, l’établissement d’un nouveau Règlement sur l’établissement d’un cadre pour favoriser les investissements durables dit “Taxonomie”…).
Les sociétés de gestion sont confrontées à la publication d’une multitude d’informations, non standardisées, non comparables, instables dans le temps et non auditées. Cette lacune de l’information extra-financière pénalise le développement de la gestion ESG1 par l’absence d’un langage commun entre investisseurs et entreprises. Face à la croissance et à la multiplicité des données ESG publiées par les entreprises, il est devenu urgent de disposer d’une
liste d’indicateurs extra-financiers répondant à un double objectif : définir les informations extra-financières nécessaires pour évaluer une entreprise afin de lutter contre le syndrome “trop d’informations tuent l’information”, dialoguer avec les entreprises pour construire un cadre des publications en phase avec les exigences de la réglementation.
Méthode de travail
Une enquête préliminaire auprès des SGP mettant en oeuvre des stratégies d’investissement responsable a porté sur les indicateurs que ces sociétés de gestion considèrent comme indispensables pour analyser une entreprise d’un point de
vue extra-financier selon les 4 piliers suivants :
Environnement, Social / Capital humain, Sociétal et Gouvernance. 16 SGP ont répondu à l’enquête en février 2020 et environ 450 indicateurs ont été soumis par les SGP : environ 140 sur l’environnement, 85 sur le capital humain, 55 sur le sociétal
et 160 sur la gouvernance. Ces 450 indicateurs afin de participer à la normalisation des indicateurs extra-financiers, l’AFG a démarré des travaux en mars 2020 avec comme objectif initial d’identifier des indicateurs extra-financiers trans-sectoriels indispensables qui servent à évaluer les entreprises de toute taille.
L’AFG s’est donné comme objectif d’identifier au maximum 10 indicateurs trans-sectoriels par pilier : Environnement, Social / Capital humain, Sociétal et Gouvernance et donc d’identifier le socle minimum d’informations qui devront se retrouver dans les publications des entreprises.
Pour autant cette définition du minimum indispensable ne doit pas avoir pour effet d’amener les entreprises à réduire les informations que beaucoup d’entre elles publient déjà, nourrissant ainsi la confiance avec leurs partenaires. Cette liste a, au contraire, vocation à servir de base pour engager le dialogue avec les entreprises.
Elle est évolutive et pourra être complétée le cas échéant par des indicateurs spécifiques à chaque secteur. Elle n’est pas non plus exhaustive et ne doit pas limiter la publication d’informations que l’entreprise juge primordiale à la compréhension
de son business model et de son évolution.
Le but n’étant pas de normer les indicateurs, le groupe de travail de l’AFG n’a donc pas cherché à retenir une définition universelle des indicateurs. Ce travail n’est pas du ressort des sociétés de gestion, il pourrait néanmoins être entamé dans un second temps lors d’un dialogue avec les entreprises et les auditeurs ont été rassemblés en une centaine de thèmes
et catégorisés en 26 sous-thèmes.
Deux niveaux d’information ont finalement été sélectionnés : il a d’abord été défini un maximum de 10 indicateurs extra-financiers indispensables par pilier qui permettraient aux SGP d’évaluer les entreprises de façon cohérente
(liste “Indicateurs indispensables”). Au-delà, ont été identifiés d’autres thèmes sur lesquels les investisseurs ont besoin de transparence et qui permettent d’engager le dialogue avec l’entreprise (liste “Indicateurs de transparence”).
Enfin, l’AFG a identifié des sujets à traiter conjointement entre entreprises et investisseurs.